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Au Brésil, Lula est élu président pour la troisième fois, Bolsonaro garde le silence

Au Brésil, Lula est élu président pour la troisième fois, Bolsonaro garde le silence

■ Les victoires de la gauche s’enchaînent en Amérique latine

La victoire de Lula semble consacrer le retour en puissance de la gauche en Amérique Latine, mais selon des analystes les électeurs ont voté surtout par «dégagisme».

La tendance a commencé en 2018 au Mexique avec l’élection d’Andres Manuel Lopez-Obrador puis s’est poursuivie en Argentine, en Bolivie, au Pérou, au Honduras, au Chili puis enfin en Colombie en juin cette année avec l’élection du premier président de gauche dans l’histoire du pays.

Une série de succès électoraux qui rappelle le début des années 2000 lorsqu’une «vague rose» avait déferlé sur le continent. Sauf que cette fois-ci, les électeurs ont moins voté par adhésion particulière aux idées de gauche que par volonté de changement et pragmatisme après les effets dévastateurs d’une crise économique et de la pandémie de Covid-19, selon des experts. «Il s’agit plus d’une tendance de rejet qu’autre chose, de gens qui cherchent une alternative», explique à l’AFP l’analyste Michael Shifter, de l’institut Dialogue interaméricain. «Ce n’est pas parce que les Latino-Américains sont devenus plus de gauche. Je ne pense pas qu’il y ait de preuves pour soutenir cela», ajoute-t-il.

Lula, lui, fait partie de la «vague rose» initiale qui a également vu l’ascension de dirigeants de gauche tels que Evo Morales en Bolivie, Michele Bachelet au Chili, Rafael Correa en Équateur et Hugo Chavez au Venezuela.


■ Jair Bolsonaro se mure dans le silence

Le président-élu Lula s’est dit «inquiet» du silence assourdissant de son adversaire, le président sortant Jair Bolsonaro, qui n’avait toujours pas reconnu sa défaite plus de cinq heures après le résultat. «Dans n’importe quel pays au monde, le candidat défait m’aurait déjà appelé pour reconnaître sa défaite. Il ne m’a toujours pas appelé, je ne sais pas s’il va appeler et s’il va reconnaître» sa défaite, a déclaré Lula s’adressant à ses partisans.

Le silence du chef de l’Etat sortant était troublant, y compris sur les réseaux sociaux, ou il est d’habitude très actif. Selon le journal Le globe le président se serait isolé, refusant les visites, après l’annonce des résultats et serait ensuite allé se coucher tôt.

Plusieurs alliés importants de Jair Bolsonaro ont toutefois reconnu sa défaite, comme l’ancien juge anticorruption Sergio Moro. «La démocratie est ainsi. Je serai dans l’opposition en 2023», a tweeté celui qui avait envoyé Lula en prison.

■ Colère et tristesse chez les partisans de Bolsonaro

Alors que le président sortant Jair Bolsonaro ne s’est toujours pas exprimé après sa courte défaite, ses partisans, réunis dans la capitale Brasília ne cachent pas leur déception.

«Nous avons besoin d’un miracle», a lancé un orateur au micro, tandis que des larmes de désespoir commencent à ruisseler sur les visages.

«J’espère que le président va rencontrer les généraux, que les choses puissent encore changer», dit un dentiste de 57 ans qui n’a pas voulu donner son nom de famille, sous-entendant une tentative de coup de force.

Ruth da Silva Barbosa, une enseignante de 50 ans, se dit «révoltée» par le résultat. «Le peuple brésilien ne va pas avaler une élection manipulée comme cela et remettre le pays entre les mains d’un bandit».

Le président sortant, qui a menacé pendant la campagne de ne pas reconnaître sa défaite, doit encore diriger le pays les deux prochains mois.


■ De nouveaux messages de félicitations

Les dirigeants du monde continuent de féliciter Luiz Inacio Lula da Silva pour sa victoire.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a déclaré avoir «hâte de travailler avec Lula pour renforcer le partenariat entre nos pays et […] pour faire avancer nos priorités communes – comme la protection de l’environnement».

«Lula a gagné, peuple béni du Brésil. Il y aura l’égalité et l’humanisme», a écrit sur Twitter Andres Manuel Lopez Obrador, président du Mexique.

«Nous t’embrassons frère, Président Lula» a sobrement tweeté le président cubain Miguel Diaz-Canel. Ton similaire du côté du Chili. «Lula. Joie», a écrit le président Gabriel Boric.


■ Scènes de liesse

La victoire de Lula a été saluée par des feux d’artifice et des cris de joie dans de grandes villes brésiliennes comme Rio de Janeiro et Sao Paulo, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Les bras levés, le corps hissé à travers le toit ouvrant d’une voiture noire, le nouveau président-élu a été acclamé par la foule massée devant sa résidence à Sao Paulo, où il a suivi le dépouillement. «Ce sont des larmes de joie, je suis si émue! Lula va nous sauver du fascisme», a réagi Mary Alves Silva, 53 ans, en pleurs sur l’Avenida Paulista de Sao Paulo.

«C’est une sensation indescriptible, Lula va tout changer», a dit pour sa part Carolina Freio, fonctionnaire vêtue d’une longue robe rouge qui faisait la fête dans un bar à Copacabana, à Rio de Janeiro.


■ «Le Brésil a besoin de paix et d’unité»

«Le Brésil a besoin de paix et d’unité», a déclaré Lula, au soir de son élection, ajoutant que son pays était «de retour» sur la scène internationale et ne voulait plus être un «paria».

«Je gouvernerai pour 215 millions de Brésiliens… et pas seulement pour ceux qui ont voté pour moi. Il n’y a pas deux Brésils. Nous sommes un seul pays, un seul peuple, une grande nation», a insisté l’ancien président. Lula a aussi plaidé pour «un Brésil égalitaire, un Brésil pour tous, dont la priorité est donnée aux personnes qui en ont le plus besoin». «Notre engagement le plus urgent est d’éliminer à nouveau la faim» alors que 33 millions de Brésiliens sont en insécurité alimentaire, a-t-il souligné.

«Le Brésil est prêt à reprendre son leadership dans la lutte contre la crise climatique. […] Le Brésil et la planète ont besoin d’une Amazonie en vie», a ajouté l’icône de la gauche dans son discours de victoire, alors que le président défait d’extrême droite Jair Bolsonaro s’est attiré les critiques de la communauté internationale pour la déforestation record de la plus grande forêt tropicale du monde sous son mandat.


■ Joe Biden: «une élection libre et juste»

Dans un communiqué, le président américain a félicité Lula pour son élection «libre, juste et crédible». Il a ajouté se réjouir «de travailler ensemble pour poursuivre la coopération entre nos deux pays dans les mois et les années à venir».


■ Premiers messages de félicitations


■ L’élection la plus serrée depuis le retour à la démocratie

Lula a été élu président du Brésil par une marge très étroite devant Jair Bolsonaro, 12 ans après avoir quitté le pouvoir. L’écart entre les deux hommes, moins de deux millions de voix, est le plus serré entre deux finalistes de la présidentielle depuis le retour à la démocratie après la dictature militaire (1964-1985).

La marge est bien plus étroite que ce que prédisaient les sondages, qui avaient déjà sous-estimé le score de Jair Bolsonaro avant le premier tour.


■ Tristesse chez les partisans de Jair Bolsonaro

Dans l’histoire récente du Brésil, Jair Bolsonaro est le premier président sortant à ne pas se faire élire pour un second mandat alors qu’il se représentait. Sa réaction est très attendue: après avoir lancé des attaques incessantes contre le système «frauduleux» des urnes électroniques, il a affirmé vendredi: «celui qui a le plus de voix gagne. C’est la démocratie» — sans convaincre.


■ Lula est officiellement vainqueur

Luiz Inacio Lula da Silva a officiellement remporté l’élection présidentielle. Après 99% du dépouillement, il ne peut mathématiquement plus être rattrapé par son concurrent Jair Bolsonaro. Le résultat est serré: 50,8% pour Lula contre 49,2% pour Boslonaro.

L’ex-président de gauche (entre 2003 et 2010) a donc été élu pour un troisième mandat à la tête du Brésil. L’ex-sidérurgiste de 77 ans, qui avait connu la prison pour corruption (2018-2019) avant de voir ses condamnations annulées par la justice, effectue un spectaculaire retour au sommet de l’Etat au terme d’une campagne délétère qui a divisé le pays.


■ Un institut de sondages donne Lula vainqueur

L’institut Datafolha a annoncé que Luiz Inacio Lula da Silva allait remporter l’élection présidentielle. Après un peu plus de 95% du dépouillement, les deux candidats sont toujours au coude-à-coude (Lula à 50,66% devant Bolsonaro à 49,34%), moins de 2 millions de voix séparent les deux hommes. Le résultat est plus serré que ne le prédisaient les sondages.

Ils avaient donné samedi une légère avance à l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), mais s’ils étaient lourdement trompés au 1er tour, en sous-estimant le score de Jair Bolsonaro (43%, contre 48% pour Lula).


■ Les Brésiliens de Suisse divisés

Les personnes ayant voté pour l’élection brésilienne en Suisse ont en majorité voté pour Lula (5538 voix). Mais Jair Bolsonaro, récolte tout de même un nombre important de suffrages (5038 voix), en comparaison avec d’autres pays européens où le président sortant est très largement distancé par l’ancien président de gauche.

Lire : Ces Brésiliens de Suisse qui soutiennent Jair Bolsonaro


■ Lula passe devant

Après 67% du dépouillement, l’ancien président est passé devant Jair Bolsonaro. Les deux hommes restent toutefois au coude à coude. Seules quelques milliers de voix les séparent.


■ Présence policière à São Paulo

La BBC fait état d’une présence policière importante à Sao Paulo, avec «des dizaines de policiers antiémeute avec gilets pare-balles, boucliers et chevaux». Les mêmes précautions étaient en place lors du premier tour, il y a quelques semaines, précise la BBC.


■ Après 30% du dépouillement, Bolsonaro en tête, comme attendu

Les premiers résultats sont comme attendu plutôt favorables à Jair Bolsonaro. Ce dernier récolte 51% des voix après 30% du dépouillement. Ceci s’explique par un dépouillement plus avancé dans les Etats du Sud du pays, que dans ceux du Nord, soutiens de Lula.


■ Rassemblement à Brasília

Au moins 200 personnes ont commencé à se rassembler dans le centre de Brasilla, sur l’Esplanade des ministères, après la fermeture des bureaux, a constaté l’AFP.


■ Les bureaux de vote ont fermé

Les bureaux de vote ont fermé dimanche à 17h00 (21h00 heure en Suisse). Le résultat de l’élection la plus polarisée de l’Histoire moderne du pays, mais qui s’est apparemment déroulée sans violences, devrait être connu dans les deux ou trois prochaines heures.


■ Des barrages de la police ont «retardé» les électeurs

Le président du Tribunal supérieur électoral (TSE) Alexandre de Moraes a annoncé la levée de barrages filtrants de la police routière fédérale (PRF) qui ont «retardé l’arrivée des électeurs» aux bureaux de vote, la gauche criant au scandale.

Des dirigeants du PT, le Parti des Travailleurs de Lula, avaient plus tôt relayé sur les réseaux sociaux de nombreuses vidéos d’autocars transportant des électeurs à l’arrêt, notamment dans les zones rurales du Nord-est, fief électoral de l’ex-président de gauche (2003-2010) qui a jugé «inadmissible ce qui se passe».

Alexandre de Moraes a cependant affirmé en conférence de presse que, malgré les retards, «aucun autocar n’a rebroussé chemin et tous les électeurs ont pu voter».

Lire aussi: A Genève, la police sur le qui-vive pour la présidentielle brésilienne


■ Jair Bolsonaro aux côtés d’une équipe de football

Vêtu d’un t-shirt avec l’inscription «Brésil» jaune et vert, aux couleurs du drapeau national affectionné par ses supporters, Jair Bolsonaro s’est affiché aux côtés de l’équipe de football de Flamengo, qui a remporté samedi en Equateur la Copa Libertadores, l’équivalent de la Ligue des champions européenne



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